Politique

Présidence de la CENI : Hervé Diakiese, candidat de la CENCO et pion de Moïse Katumbi (Tribune)

La course à la présidence de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) se poursuit, avec son lot de coups tordus. Déjà, la Libre Afrique, un journal belge instrumentalisé pour la cause, avait choisi son camp dans cette compétition pourtant congolaise, en soutenant Hervé Diakiese, le candidat de Moïse Katumbi, appuyé en coulisse par une faction sein de l’église catholique.

Dans son édition du 29 avril 2021, ce journal a révélé que plus de 150 dossiers de candidatures ont été déposées auprès des huit confessions religieuses en charge de la désignation du président de la CENI, et que cinq candidats se détachent du lot. Parmi eux, figure curieusement le porte-parole du Comité Laïc Catholique (CLC). Tout en faisant miroiter leur appui au pauvre Cyril Ebotoko, les évêques catholiques soutiennent en sous-main le candidat parrainé par leur financier Moïse Katumbi, à savoir Hervé Diakiese. 

Après des fanfaronnades et une haine féroce contre Joseph Kabila et le FCC, voilà que le CLC et ses évêques présentent un candidat léger pour diriger une CENI qu’ils ont passé le temps à décrier. La vérité est que Hervé Diakiese n’a pas d’expérience électorale significative. La Libre Afrique renseigne qu’il fut Secrétaire exécutif provincial (SEP) de la CENI au Kongo Central en 2006. Cela veut dire qu’il n’était donc qu’un exécutant des décisions prises au niveau central de la CENI. Diakiese n’a jamais été ni concepteur ni participant à la prise des décisions stratégiques ou opérationnelles de la CENI. 

Or la présidence de la commission électorale est une affaire sérieuse, nécessitant une expérience de haut niveau. Comment alors expliquer son classement parmi les candidats sortant du lot ? Par la manipulation et des connexions politiques et parentales. Hervé Diakiese est le fils biologique du politicien Gabriel Kyungu wa Kumwanza, un proche de Moïse Katumbi, auquel Diakiese n’a jamais caché son soutien inconditionnel. 

L’adhésion opportuniste de Diakiese au CLC, sur recommandation insistante de Olivier Kamitatu, l’a rapproché d’une faction radicale de l’église catholique, financée par et à la solde de Katumbi. Un alignement politique qui compromet grandement l’impartialité et l’indépendance de ce candidat.

« Mboka oyo ekobonga lisusu te ». Cette expression vient de témoins qui ont entendu dire que Hervé Diakiese projetterait de prendre la tête de la CENI, lui qui a démontré à suffisance aux yeux de tout Mbanza-Ngungu qu’il était non seulement tribaliste comme son père Gabriel Kyungu wa Kumwanza, celui-là même qui avait tenté d’exterminer les non-originaires de l’ex Shaba, mais qu’il était aussi un hors-la loi.  Les étudiants de l’Université du Bas-Zaïre, actuellement « Université Ne Kongo » s’en souviennent encore aujourd’hui. En 1996, un des leurs avait été placé sous mandat d’arrêt provisoire par le Parquet près le Tribunal de Grande Instance (TGI) de Mbanza-Ngungu, pour viol sur une mineure.

Hervé Diakiese, qui était à l’époque Président des étudiants, a nuitamment organisé un groupe d’étudiants originaires du Bas-Zaïre pour aller agresser le Substitut du Procureur de la République près le TGI de Mbanza-Ngungu, auteur du mandat d’arrêt provisoire précité. Vers 23 heures, Hervé Diakiese et son groupe ont fait irruption dans la parcelle du jeune magistrat nouvellement marié, et détruit sa résidence à l’aide des pierres et autres armes blanches. Le juge et sa famille, tétanisés, durent se cacher dans une minuscule pièce pendant qu’ils entendaient les assaillants s’approcher d’eux et leur meneur, Hervé Diakiese, déclarer : « Amenez-moi cette fille-là (la fille mineure victime de viol) et je vais la coucher devant tout le monde et en présence de son père ». Et d’ajouter : « ces non-originaires doivent quitter notre province, car ils commettent trop d’abus ». Le jeune magistrat et sa petite famille n’ont eu la vie sauve que grâce à la police, arrivée sur les lieux juste au moment où les assaillants étaient sur le point de s’introduire dans la maison, après avoir réussi à démolir la porte d’entrée. 

Voici donc le vrai visage de celui qui prétend vouloir diriger une CENI, une institution dont les Congolais attendent beaucoup en termes de sérieux, de professionnalisme et de probité morale.

Wapen Angelik

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