Politique

L'après-alternance : Kabila se servirait-il de Fatshi pour se débarrasser de certaines têtes ?

Comme un coup de tonnerre, le 27 juillet 2019 a été le plus mauvais jour pour le fils et élu de Mweka dans le Kasai, Évariste Boshab. Ce constitutionnaliste et militant de la première heure du PPRD a été comme Alexis Thambwe choisi par KABILA pour composer le ticket Front commun pour le Congo (FCC) au bureau définitif du Sénat pour l'exercice 2019-2023.

Alors que personne ne lui donnait pour perdant, ce ticket a eu du mal à passer. Si Thambwe Mwamba a réussi à mettre K.O son adversaire et ex-coéquipier Bahati Lukwebo (65-43), il n'en a pas été ainsi pour Évariste Boshab, qui prétendait au poste de Premier vice-président de la chambre haute. 

Ainsi, beaucoup de voix se sont lèvées pour crier au sacrifice. "Il était question pour le FCC de ne pas frustrer son allié. C'est pourquoi il fallait faire comme à l'Assemblée nationale", a estimé un analyste. Est-ce un règlement de comptes ou une stratégie calmement négociée à Nselé ? Personne ne l’imaginait et nul ne pouvait le prédire. Surtout, que Boshab est jusqu'à preuve du contraire l'un des plus fidèles à Kabila. 

" La loyauté paie. L’indiscipline ne paie pas. L’infidélité ne paie pas. Le travail paie. Aujourd’hui, c’est le peuple congolais qui a gagné", réagissait Norbert Basengezi en séjour à Bukavu. Il faisait allusion à la victoire d’Alexis Thambwe Muamba face au frondeur  Bahati Lukwebo, également caricaturé par ses anciens collabos "indiscipliné" vis-à-vis de l’autorité morale et des prescrits du FCC. 

Boshab, lui par contre est resté dans les rangs de Kabila. Il était là et en habile politique, il s’est investi pleinement dans le quotidien de son parti le PPRD. Cet ancien ministre n'hésitait pas d'aller au front quand il s’agissait d’une confrontation faisant appel à l’intellect. 

Le voir donc s'écrouler ne peut-être qu'à la demande expresse de Tshisekedi. Ce nouveau partenaire privilégié du FCC. Difficile d'en douter après les images ayant fuité récemment dans les réseaux sociaux montrant Kabila et Fatshi accompagnés de leurs collaborateurs au tour d'un dîner. Selon des sources crédibles, le président de la République aurait personnellement demandé la tête de Boshab à son prédécesseur pour un équilibre dans la représentatitivé  au sein des institutions.     

D'autres pensent que Kabila se sert de son successeur avec qui il entretient désormais des relations plus que privilégiées pour nettoyer sa cour. Ces gens qui, croyant l'aider à l'époque, l'ont desservi d'une manière ou d'une autre. 

L’opinion tant nationale qu’internationale ne cesse de faire porter à Boshab la responsabilité de l'affaire KAMWINA NSAPU, la fameuse facture que le Congo voisin devait à la SNEL, l’épineuse proposition de la loi électorale avec son alinéa 4 qui sacralisait le recensement de la population en faisant de lui la condition sine qua none pour la tenue des élections, chose qui a d'ailleurs couté la vie à quelques congolais, car certains étaient descendus dans la rue pour protester. 

Au regard de tout ce qui précède, les partisans de la seconde thèse semblent bien avoir raison. Bien que Kabila a promis solennellement à ses gens qu’il ne les conduirait jamais à un suicide collectif. 

Surnise RDC 

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