Politique

Réforme judiciaire et Crise à la CENI : la CENCO met en garde contre toute tentative de coup de force

La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a tenu un point de presse ce samedi 27 juin à Kinshasa pour donner sa position sur les deux questions d’actualité politique en RDC, à savoir la proposition des lois initiée par les Députés Aubin Minaku et Sakata portant sur la réforme judiciaire et le remplacement de Corneille Nangaa à la tête de la CENI.

Concernant la loi proposée par les Députés Minaku et Sakata, l'organisation  qui rassemble les prélats de la hiérarchie catholique juge « inadmissible que les lois soient taillées sur mesure selon les ambitions des leaders politiques, partis ou plateformes politiques ou que certains compatriotes montent des stratégies pour vider les Institutions d’appui à la démocratie de leur indépendance fondée sur la constitution afin de les inféoder à leur diktat ». Avant d’indiquer que « ces agissements ne contribuent qu’à la destruction de la cohésion nationale et à la déstabilisation des Institutions étatiques ». 

Pour les prêtres catholiques, « il est clair que si l’on n’y prend garde, les propositions des lois sous examen à l’Assemblée Nationale porteront atteinte à l’Indépendance du Pouvoir judiciaire, l’une des options fondamentales que la Constitution du 16 février 2006 a érigée en dispositions intangibles dans son article 220 cf. CENCO, la justice grandit une Nation, 10 juin 2009) ». 

NECESSITE DE RASSURER LES FUTURS ELECTEURS  

La CENCO n’a pas non plus manqué des mots sur la crise qui prévaut à la Commission nationale électorale Indépendante (CENI). Une crise que certaines langues n’hésitent pas à imputer à l’organisation des prélats. 

Ces derniers justifient leur position actuelle sur le choix du successeur de Nangaa par la tentative des politiques de vouloir faire main basse sur les Institution d’appui à la démocratie. « Les Congolais gardent encore frais à l’esprit la gestion chaotique des élections de 2018. Beaucoup ont même perdu la confiance en notre système électoral. C’est donc une nécessité de rassurer les futurs électeurs de 2023 que les choses ne seront plus comme avant », soulignent-ils. 

Avant de suggérer  que pour y parvenir, « il faudrait préalablement réformer par consensus le système électoral de la RDC, particulièrement la loi électorale et celle portant organisation et fonctionnement de la CENI, d’une part, et éviter d’aligner dans le bureau de la CENI les personnes qui, bien qu’expertes en matière électorale, ont déjà trempé dans la manipulation électorale, d’autre part ». 

La CENCO conclue en mettant en garde les autorités congolaises contre toute tentative d’usage de force et passer outre les revendications de la population. En mettant en avant le verset biblique d’Osée 8 : 7, la Conférence des prêtres exhorte le Bureau de l’A.N à « user de la voie de sagesse et à sursoir l’examen des projets des lois contestées. En ce qui concerne les candidats animateurs de la CENI, nous demandons  qu’il ait au préalable la réforme de cette institution vitale pour un avenir heureux de notre pays. Chercher à faire passer l’examen de ces questions par coup de force risquerait de plonger le pays dans le chaos », ont conclu les prêtres Catholiques dans leur déclaration de ce samedi. 

Bahati KASINDI

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