Editorial

Le tour du monde de Fatshi, rentable ou pas rentable ?

Ceci n'est pas un scoop. Le Président de la république voyage beaucoup. Beaucoup trop même aux yeux de certains de ses compatriotes. Au point que cela fait…polémique.

En particulier sur le retour sur investissement de ce qui a tout l'air d'un tour du monde entamé par le nouveau Raïs dès le seuil de son mandat. D'autant que ces déplacements incessants du chef de l'Etat ont un coût qui se décline forcément en plusieurs millions de dollars.

S'invitant au débat, l'intéressé qui séjourne en France soutient plutôt que ses nombreux safaris sont financièrement rentables pour le pays. Abonnés dans leur large majorité au chômage et à la précarité, les Congolais ne demandent pas mieux. Eux qui ont dû faire leur la citation du dirigeant chinois Deng Xiaoping selon laquelle "peu importe que le chat soit gris ou noir, pourvu qu'il attrape les souris".

Le hic, c'est que les dividendes annoncés par le Président ne sont pas encore visibles. Du moins à l'œil nu. Peut-être faudra-t-il des microscopes pour voir le " milliard " de dollars des retombées des périples présidentiels.

Rassasiés d'annonces, d'intentions généreuses et de promesses des lendemains qui chantent ; les Congolais ne tiennent pour argent comptant-au propre comme au figuré- que le concret. De ce point de vue, l'enthousiasme du Présidentiel sonne comme "prématuré".
Car d'expérience entre les annonces de soutien, d'aide, d'investissement et leur mise en œuvre, beaucoup d'eau coule généralement sous le pont. Au point même d'endommager le pont ! Entre l'instant où les partenaires déclarent ouvrir les vannes des dollars ou des euros et le moment où ces espèces sonnantes et trébuchantes coulent au robinet, il se passe souvent beaucoup de temps. Voire une éternité que finit par engloutir la marmaille de conditionnalités difficiles à remplir. 

Dans la meilleure des hypothèses, les sommes clamées depuis les capitales occidentales sont largement en deçà des ressources que le pays " bénéficiaire " reçoit réellement.

Les Rd congolais -pas seulement- connaissent cette musique par cœur. Tant mieux, si cette fois-ci les assurances himalayennes accoucheront d'autre chose que d'une souris. Tant mieux si à l'arrivée, les résultats seront à la hauteur de la battue planétaire de FATSHI.

Reste qu'en la matière le nécessaire doute méthodique cher à René Descartes commande plutôt que le pays compte davantage sur son génie et ses ressources propres que sur d'hypothétiques soutiens extérieurs. Surtout que pour un pays à nul autre pareil comme la RDC, coopération avec certains partenaires traditionnels et souveraineté nationale font rarement bon ménage.

José NAWEJ/Forum des As 
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