Société

Yumbi: témoignages et images de l'horreur

Qu'est-ce qu’il s'est réellement passé à Yumbi, territoire de la province de Mai-Ndombe ? C’est la question que l’opinion tant nationale qu’internationale ne cesse de se poser. Les déplacements en cascade des réfugiés vers les villages du pays voisins Congo-Brazzaville ne sont qu’en réalité la pointe de l’iceberg.

Selon les témoignages recueillis sur place, les Batende, conduits par un proche du gouverneur sortant de Mai-Ndombe, actuellement candidat à l’hôtel de ville de Kinshasa à l’élection du 26 mars prochain, serait à la base de ces pogroms.  « Le Gouverneur voulait à tout prix conserver l'unique siège de député national occupé depuis 2006 par l’un des frères Ngobila. Mais il a oublié que le temps est passé et que les choses ont eu à évoluer. Les Banunu réorganisés dans l’entre-temps, ont préparé leur revanche électorale. Face à cette inévitable réalité, lui et les Batende auraient levé l'option de foutre le bordel et instaurer un climat de terreur » a confié une source locale sous couvert d’anonymat.

Croyant maîtriser le contour de ses manouvres, l’ex-gouverneur se serait trompé. « Mais les attaques ont viré au drame, à une sorte d'extermination des Banunu, tués en masses ou contraints de se reclure dans la forêt pour les faibles, et de traverser le fleuve Congo en vue se mettre à l'abri au Congo Brazzaville pour les plus forts. Des groupes qui ont cru trouver refuge au siège local de la CENI, qui passait à leurs yeux pour le lieu le mieux sécurisé pendant cette période électorale, ont subi le même sort. Ils y ont été calcinés », a renchérit une autre habitant de Yumbi.


*D'autres images n'ont pas pu être jointes en raison de leur caractère hautement sensible 

Bref, des scènes macabres qui ne peuvent laisser indifférents ont continué à caractériser cette province de la RDC. Des familles entières ont péri dans des incendies d'origine criminelle après que leurs maisons ont été brûlés. Le Président de la république avait même convoqué une réunion d’urgence avec des hautes personnalités du secteur de la sécurité nationale. L’objectif de cette rencontre était d’évaluer la situation actuelle, voir dans quelle mesure faut-il organiser le come-back des réfugiés.

LE GOUV PENSE PLUTÔT A SON NOUVEL ÉLECTORAT

Dans tout ça, l’autorité politique de la province est restée indifférente. Aphone depuis le début de cette purge des Banunu. Pour preuve, il a préféré se tourner vers un autre électorat, la ville de Kinshasa. Abandonnant son fief électoral de Yumbi, où il a été élu député national en 2006 et réélu en 2011. Sa cible est désormais le gouvernorat de la Ville province de Kinshasa. Une attitude qui fait jaser tout Mai-Ndombe et fait tiquer les esprits alertes. Cela paraît également aux yeux d’autres analystes comme un manque de considération à l’endroit du peuple congolais. Car de Yumbi à Kinshasa, tous sont égaux.

« Le pire dans cette histoire est qu’aucune voix pour dénoncer ce qui arrivait aux Banunu. Aucune motion d'information à l'Assemblée nationale. Aucune interpellation des autorités du ministère de l'Intérieur ou du gouverneur de province. Silence complice ou coupable ? », s’est interrogé un autre.

Sam Sam 



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