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Dossier 100 jours : Questions-réponses entre le Juge et Kamerhe lors de l'ouverture du procès ce lundi à Makala.

Les Congolais ont assisté ce lundi à l'ouverture du procès Vital Kamerhe et consorts sur l'affaire de détournement présumé des fonds publics alloués au programme d'urgence du Chef de l'État.

Sunriserdc reprend pour vous, le déroulement de l'interrogatoire de Vital Kamerhe lors de cette première audience dont la prochaine séance est renvoyée au 25 mai à la demande de la défense. Question de leur permettre de prendre connaissance de toute la documentation présente au greffe. 


- Juge : en quelle qualité êtes-vous intervenu dans l'exécution de ce programme ? Directeur de Cabinet ou autre qualité? Quel rôle avez-vous joué dans l'exécution de ce programme ?


- Vital Kamerhe : je suis directeur de cabinet du chef de l'État. On doit exécuter le programme du chef de l'État, ce qui est déjà une situation inédite puis que d'habitude le programme est celui du Premier ministre. Nous avons un Premier ministre issu d'une Assemblée qui venait d'être balayée par une nouvelle et nous n'avions pas un Premier ministre en fonction. Le président de la République, devrait-il croiser les bras pendant 7 mois et ne rien faire ? 

Donc je suis intervenu au nom du président de la République pour que ces travaux se fassent et que nous puissions répondre aux besoins pressants du peuple congolais dans le secteur de l'éducation, de la santé, des routes, et même de la gratuité de l'enseignement chez nous puis que beaucoup ne savent que la gratuité fait partie du programme des 100 jours. On choisit ce qui semble créer de la confusion et on avance.

- Juge : merci et le tribunal a posé la question, en quelle qualité êtes-vous intervenu ?

- Kamerhe : directeur de Cabinet du chef de l'État.

- Juge : est-ce tout ?

- Kamerhe : oui, c'est tout !

- Juge : une autre question.Est-ce que vous connaissez monsieur Samih Jamal qui est à votre droite ?

- Kamerhe : je vais le connaître à quel titre ? Tous les opérateurs économiques, tous les prestataires sont passés à la commission, ils se sont fait valider là-bas.

- Juge : vous ne l'avez jamais rencontré ?

- Kamerhe : j'ai rencontré beaucoup de gens dans ma vie. Comment voulez-vous que je me rappelle de milliers de personnes que j'avais rencontré pendant la campagne électorale ? 

- Juge : en ce qui vous concerne, vous n'avez plus d'idée ?

- Kamerhe : je dis non ! 

- Juge : et le prévenu Muhima, vous le connaissez ?

- Kamerhe : vous savez que Muhima, je le connais de nom, c'est aujourd'hui que j'ai découvert le visage et j'ai été étonné par ce que j'ai demandé à tout le monde, est-ce que Jeannot est déjà là. 

Par ce que notre administration à nous, celle que moi, j'ai impulsé à la présidence de la République, ne consiste plus à recevoir les agents dans les bureaux. Ce ne sont que des annotations sur les documents. 
Les documents de dédouanement que j'ai écrit au comptable étaient à transférer vite chez monsieur Muhima, ce dernier chargé de la logistique, pour qu'il accélère les démarches. Cette annotation est là, je n'ai pas besoin de le voir. 

Je ne touche pas l'argent, je ne fais pas de transfert pour Jeannot, chacun fait son travail. Et moi, c'est le cahier de charge que je regarde, les conteneurs de Mbuji-Mayi sont-ils arrivés, oui ! Une partie.

Les conteneurs de Kinshasa ? Oui, tous les conteneurs sont arrivés. De Kananga ? Non, par ce qu'on n'a pas payé, ils se trouvent à Lobito. Et ceux du Sud-Kivu ? Non, par ce qu'on n'a pas non plus payé, ils sont encore à Dar-Es-Salaam. Qu'en est-il des conteneurs de Matadi ? Non plus. Le gouvernement n'a pas encore payé, ils sont encore à Istanbul. Que voulez-vous que je dise encore ?


- Procureur : Monsieur le Président vous lui avez posé une question à laquelle il a répondu de deux manières différentes. Il a répondu qu'il a intervenu comme directeur de cabinet et superviseur. Aussi, qu'il n'était pas seul, qu'il était avec d'autres personne et qu'il y avait egalement une coordination. 

Mais à la fin, il est intervenu pour insister avoir intervenu en tant directeur de cabinet. Moi, j'aimerais qu'il répète pour que le greffier note non seulement qu'il a intervenu comme directeur de cabinet, mais aussi entant que superviseur.

- Juge : est-ce que vous pouvez préciser ?

- Kamerhe : c'est tendancieux ! c'est comme ça que je ne voulais pas que les avocats viennent dire que je ne vais pas répondre. À cause de tous ces petits pièges à gauche et à droite...

- Juge : est-ce que vous pouvez préciser par rapport à cet aspect-là ?


- Kamerhe : est-ce que l'un est incompatible avec l'autre ? Je ne dis pas que je suis superviseur. Nous étions une équipe de supervision composée de 9 personnes au total. Le document est là, lisez-le. Il y avait entre autres monsieur Vital Kamerhe, directeur de cabinet, monsieur Kolongele, directeur de cabinet adjoint, monsieur Yav ministre de finances, le gouverneur de la banque centrale, le ministre du budget de l'époque, le représentant de la primature. 

- Juge : vous étiez 9 au total ?
- Kamerhe : 9 au total, en plus de ces 9, il y avait la coordination. Ce qui est étonnant jusqu'ici.
- Juge : qui assurait la coordination ?
- Kamerhe : c'est monsieur Nicolas Kazadi, ambassadeur itinérant du Chef de l'Etat.
- Juge : merci, veuillez vous asseoir.  
Fons


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