Politique

La RDC va-t-elle au bipartisme, au tripartisme ? (Tribune)

Sans le vouloir le débat sur la reconfiguration politique en République démocratique du Congo est ouvert au regard des signes et des faits récents. Sans faire mention des causes de ce changement du système politique en RDC, l’on constate que les choses prennent une orientation de simplification. L’union sacrée, ce serpent de Moïse qui avalerai tous les autres partis et regroupements politiques pour quelle finalité structurelle politique ? Automatiquement cette puissance dévoratrice de l’union sacrée reconfigure la classe politique. La question qui est de la majorité ? qui ne l’est pas ? Qui est de gauche ? du centre ? ou encore de droite ?

L’évidence est que la classe politique congolaise reste pluraliste avec une pléthore des partis politiques qui ne savent pas définir leur appartenance politique. Est – ce une confusion ou un manque d’idéologies et de vision politique !  Au premier coup d'œil la cartographie donne plus de 500 partis et regroupements politiques. Combien sur ces 500 ont une audience nationale et quelles sont leurs appartenances idéologiques ?

Le peuple pour qui on fait de la politique ignore le système politique de son pays et il n’y a aucune pédagogie politique pour faire connaitre ces choses au peuple.

A l’issus des échéances de 2018, une reconfiguration circonstancielle a été opérée donnant naissance à la coalition FCC – CACH, qui malheureusement n’a pas survécu. On se rappellera que le FCC dans cette même reconfiguration était aussi perçu comme un autre serpent de Moïse qui avait avalé tous les partis et regroupements politiques ayant fait allégeance à Joseph Kabila.  

On n’ignore pas l’assemblage qui a engendré LAMUKA, une fusion des partis et regroupements politiques avec comme objectif conquérir le pouvoir et aller dans une gestion collégiale pour des nouvelles élections en vue de reconfigurer à nouveau la classe politique congolaise.

Le péché de notre système politique 

Il y a donc méconnaissance dans le chef du peuple, plus fort encore dans le chef des membres et militants de ces partis politiques se substituant en porte-parole du peuple. 

Sans doute nous faisons de la politique pour conquérir le pouvoir, au-delà de ce désir ardent de la conquête du pouvoir, par élégance il y a des valeurs et une idéologie que chaque parti politique doit incarner, la classe politique congolaise a – t – elle des repères ? Naviguons – nous à contre-courant ? 

Le péché réside dans le mouvement de reconfiguration politique engendrée par des envies égoïstes poussant ceux sensés être de gauche à s’allier au centriste et ou droitiste qui ignore l’être puis on voit un autre gauchiste combattre cette démarche parce qu’il n’a pas trouvé sa part. 

Reconfiguration de façade alimentée ou soutenue par le désir de gestion et de co gestion ? cette question demeurera. 

À l’œil nu l’on constate que loin des idéologies et des valeurs attachées aux partis politiques, les raisons de beaucoup d’alliances, de coalition sont erronés et biaisées car elles ne sont pas guidées par un sursaut patriotique mettant l’intérêt du peuple au centre.

Le péché réside dans cette hypocrisie d’enterrer son positionnement politique, son idéologie, ses valeurs pour simuler une fausse adhésion à un autre courant politique juste pour s’abreuver à la source du pouvoir.  

Ce péché engendre une complication, la multiplicité de partis et de regroupements politiques dont aucun n'avait « vocation majoritaire » avait conduit, en même temps qu'à l'instabilité gouvernementale, à la formation habituelle de majorités reposant sur une coalition, perpétuellement menacée mais perpétuellement reconstituée. A cette constatation, parfaitement exacte sur le plan politique, il faut ajouter qu'aux élections qui pointe à l’horizon la coalition risque de disparaitre.

De là l’on se retrouve sur un fait contradictoire qui traduit une dissociation statutaire entre les élections et la vie gouvernementale liée au parlement. 

On se divise avant et pendant les élections et nous allons renouer lors du partage des responsabilités quelque soit nos différends, les politiques bernent – ils le peuple ?

Qui, est de quel camp ? 

Les élections sont facteur d'unification et de désunion entre les forces politiques en RDC, et parfois elles nous versent dans une sorte bipolarisation inévitable. 

Allons – nous vers deux blocs qui s’opposent ? les kabilistes vs les tshisekedistes !

La bipolarisation est une tendance à l’organisation de la vie politique autour de deux blocs, coalitions ou partis politiques opposés. C’est un processus, une évolution qui conduit toutes les forces politiques vers deux pôles dominants qui s’opposent pour la prise du pouvoir, au détriment du pluralisme.

Ou soit nous aurons une configuration où trois blocs devront s’affronter ; Lamuka version Fayulu, les kabilistes et Tshisekedistes assimilés aux unionistes sacrés.

Allons – nous dire que rien d'analogue ne s'est produit depuis l’indépendance de la RDC ? 60 ans. La maturité de nos partis politiques remise en doute à cause de leur mode opératoire, des contenus stratégiques et idéologiques creux et méconnus, ils poussent comme des champignons et s’exécutent de moins en moins dans la cherche du bien social de la population. 

Devons – nous lié les causes de ce changement à perpétuité aux élections présidentielles ? Les dernières en date ont bouleversé le système politique du pays.

Nous devrons donc nous attendre à un mouvement des mutations à chaque période de l'élection présidentielle, nous disons bien mutations et non renouvellement.

À cela certains parlent des conflits générationnels pourtant l’espace politique du pays n’offre pas de la nouveauté, si le conflit générationnel devrait être lié aux âges qu’est – ce la jeunesse a hérité ou héritera pour se déployer en acteur du renouvellement de la classe politique.

Si l'élection présidentielle est un facteur puissant de simplification du système des forces politiques, voire de bipolarisation, ou de tripartisme que doit espérer la jeunesse sur la refondation du système politique de notre pays. 

Tout se résume au soutien que l’on accorde à un candidat et à la politique que celui-ci préconise. Il y a là un puissant facteur de rapprochement entre les partis qui soutiennent le même candidat à la Présidence et des blocs se constituent sans donner place à la renaissance ou aux nouveautés. 

Les majorités ponctuelles voient leur cohésion se maintenir et s'accentuer qu’en cas de victoire du candidat qu’elles ont soutenu. 

Il est significatif que ce terme qui avait peu près complètement cessé être employé ait été réintroduit dans le vocabulaire politique fran ais par Jean Lecanuet en juin 1965 au moment d’échec des pourparlers menés par Gaston Defferre pour la constitution une grande Fédération allant des socialistes aux démocrates-chrétiens 

Quant aux partis d'opposition, il est vrai que le régime tend à les contraindre à s'unir, et à s'unir de façon positive, pour autant que l'existence entre eux d'un fonds commun de sentiments et de ressentiments politiques, de souvenirs et de vocabulaire ne confère pas à cette union, aux yeux de l'opinion, un caractère trop paradoxal. Dans cette nouvelle configuration est – ce Fayulu et son bloc LAMUKA, s’unirait aux restes du FCC encore fidèle à Joseph Kabila ?  

Wait and See 

Héros Dorea KIBAMBE 


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