Editorial

Londres : le Chef de l'État doit assainir sa "Com" et éviter des discours populistes. (Tribune)

Lors de sa visite officielle en Royaume-Uni, le Chef de l'État de la RDC, Félix Tshisekedi s'est entretenu avec la communauté congolaise de la Diaspora en marge du sommet sur l'investissement entre l'Afrique et le pays de la Reine Élisabeth II. C'était ce dimanche 19 janvier 2020.

Suivi par plusieurs Congolais à travers le monde, son discours sur sa manière de diriger, ses relations avec les membres de son gouvernement et le climat au sein de la coalition FCC-CACH n'a pas laissé l'opinion sans voix. 

Sunriserdc publie ici la réflexion de l'analyste politique congolais Ruphin Mwepu à ce sujet.

 
Tribune

J'ai suivi avec intérêt la communication de son Excellence Monsieur le Président de la République avec la diaspora congolaise à Londres. 

Je salue cette disponibilité et ouverture du chef de l'Etat à échanger avec les congolais où qu'ils se trouvent. 

Je salue également son appel à l'amour et l'unité des congolais pour vaincre l'ennemi et bâtir notre pays. 

Cependant, je pense que le Président de la République ferait mieux d'assainir sa communication en évitant des propos qui frisent le populisme. 

Un chef ne peut pas se comporter en terroriste pour menacer les ministres de la République dans un autre pays, exposant ainsi les difficultés de la chambre à coucher aux amis, mais il agit ou fait agir les textes (règlement d'ordre,code de bonne conduite,etc.) lorsque les choses ne marchent pas.

La bible ne dit-elle pas qu'une bouche qui parle trop pêche aussi beaucoup ? Aux humains de dire, trop parler peut tuer ?

Je pense que l'humilité devrait caractériser les partenaires qui se veulent respectueux surtout après une année qui n'a pas été extraordinaire. 

La dissolution du parlement ne peut être une question d'humeur, mais doit répondre à certains préalables constitutionnels.

L'alinéa premier de l'article 148 de notre constitution dit clairement :"qu'en cas de crise persistance entre le gouvernement et l'assemblée nationale,le chef de l'Etat peut,après consultation des présidents de l'assemblée nationale et du sénat,prononcer la dissolution de l'assemblée nationale "et non du parlement comme l'a dit le chef de l'Etat  dans son discours. Il faut préciser que notre parlement est bicaméral (composé de deux chambres).

Aussi, précisons que ce pouvoir de dissolution entre dans les prérogatives d'arbitrage du chef de l'Etat après constatation d'une crise persistante entre deux institutions (parlement et assemblée nationale) et ne peut être confondu à un pouvoir discrétionnaire. 

L'aborder avec légèreté pousserait tout observateur avisé à conclure dans le chef de l'auteur un manque d'informations sur les conséquences juridiques et politiques qui en découleraient. 

Faut-il dire aussi que dévoiler publiquement et gratuitement à tort ou à raison les confidences de ses collaborateurs ne pas digne d'un bon chef appelé à inspirer confiance. 

On ne peut pas comprendre qu'on affirme dans un même discours qu'il n'y a aucun membre du gouvernement en commençant par le Premier ministre jusqu'au dernier qui tente de s'opposer à l'action du chef de l'Etat et que quelques secondes après qu'on menace tout ministre qui tenterait la même chose pour laquelle on a semblé être rassuré.

Un homme d'Etat ne communique pas comme un parlementaire debout.

Ruphin MUEPU KADIMA

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