Editorial

ONIP : Qui est congolais de souche et qui ne l'est pas ?

Depuis sa campagne électorale, Félix Antoine Tshisekedi alors candidat à la présidentielle du 30 décembre 2018, na cessé de promettre de rendre sa dignité au peuple congolais une fois élu. Maintenant qu'il est officiellement investi 5ème Président du Congo-Kinshasa depuis quelques semaines déjà, l'heure est à la matérialisation des promesses. Qui sont donc ces congolais qui doivent être fiers de leur appartenance où qu'ils soient.

Il est vrai que les enfants du propriétaire de la maison ne bénéficient pas des mêmes avantages que les visiteurs. C'est logique. Et il n'échappe non plus à personne qu'on peut habiter un pays et bénéficier des tous les avantages réservés à ses citoyens sans véritablement en être un. C'est aussi archi-connu.  Faire savoir qui est fils du pays et qui ne lest pas est le socle dun État de droit ont estimé beaucoup d'analystes. 

Compter les habitants du pays, les identifier où qu'ils soient, un projet titanesque, vivement souhaité par le nouveau président élu. Mais la question reste de savoir si c'est ce que veut vraiment les nouvelles autorités de la RDC ?

Le bon moment pour le recensement...  

Les bases ont été déjà posées par l'ex-Président Joseph Kabila par la mise en place dune institution habilitée à recenser et identifier les Congolais. L'Office nationale de l'identification de la population (ONIP). 

L'ancien Chef de l'État, avait à travers une ordonnance présidentielle créé et nommé les animateurs de l'ONIP. Institution mandatée pour identifier tous les Congolais d'ici et d'ailleurs en vue d'établir un fichier général de la population, de délivrer des cartes nationales d'identité, les cartes de résidant pour étrangers et toutes les autres pièces de valeur y relevant. L'objectif était d'actualiser les données démographiques étant donné que le dernier recensement « scientifique » en date réalisé en RDC remonte entre 1970 et 1987. Plus de 30 ans après, il y a nécessité de tout mettre à jour car la population congolaise a presque triplé durant ces trois décennies. Bien que la tâche s'avère ardue, déjà la seule existence de l'ONIP constitue un atout majeur pour le pays et ses autorités. Plus de souci à se faire. 

Si le travail de l'ONIP était remis à demain, c'était simplement parce que la classe politique de l'époque avait jugé inopportun de conditionner les élections à l'identification de 80 millions des congolais. Avec ce nombre, il fallait attendre prêt de 4 ans, avaient fait savoir des experts de l'époque. Étant donné que pendant cette période ladite opération rimait avec élection, cela voulait aussi dire qu'il fallait repousser les élections. Chose qui a été évitée en son temps et par la population et par les politiciens avisés. 

Poursuivre avec les bonnes actions 

Le résultat de travail de l'ONIP sera dune grande utilité pour le pays. Il permettra d'avoir une cartographie démographique propre à la RDC, facilitera l'organisation des futures élections (et une répartition des sièges et des circonscriptions électorales équitables), à chaque Congolais même ceux vivant à l'extérieur du territoire national d'avoir une pièce d'identité officielle et légale ainsi qu'aux étrangers une carte de résidant. 

L'ONIP est-elle prête à recenser ? La question reste posée. Élection passée, le gouvernement de la République, est donc appelé à donner des moyens consistants pour que l'ONIP relève le défi. C'est maintenant ou jamais d'autant plus que le Président de la république tient à pérenniser les acquis pour gagner en temps dans la course à l'émergence de la RDC. 

Héros Dorea Kibambe et Bahati KASINDI 

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