Société

Kinshasa : les chauffeurs des motos-taxi et le casque ne font pas bon ménage

Les conducteurs de Kinshasa, que ce soient ceux des voitures ou des motos, sont réputés dans la violation des règles établies par les autorités en matière de circulation routière. Quand bien même que ces mesures tendent à garantir leur sécurité et celle de leurs passagers.

En première ligne de ces conducteurs moins respectueux des consignes de sécurité sont les chauffeurs des motos-taxi. Ces derniers que les Kinois ont surnommés "wewa". Au-delà d'une conduite déréglée, ces opérateurs de transport en commun ne se soucient pas de leur propre sécurité encore moins celle de leurs clients ou passagers. Le casque qui est l'outil de protection par excellence en cas d'accident pour éviter le pire est tout simplement ignoré. Seulement quelques-uns en portent pendant les courses. 

Interrogés à ce sujet, tous indiquent que le casque est un élément important dans l'exercice de leur métier, mais assez encombrant pour pouvoir le porter pendant des heures. "Le casque est vraiment important. Mais il me fait vraiment mal à la tête", a lâché Ilunga sur le tronçon Kingasani et Quartier 1. "Je ne tiens pas avec plus d'une heure", ajoute Eddy rencontré sur la place Victoire au centre de Kinshasa. 

"Mes nerfs n'y tiennent pas dedans. Même les clients à qui j'ai proposé cela au début ont refusé. C'est un peu comme échanger des chapeaux avec des inconnus tout le temps. Voyez-vous le risque des maladies ? Pour éviter cela, je pense tout simplement que l'état devrait prendre ses responsabilités. L'imposer et infliger des amendes aux contrevenants. Ça, c'est juste pour nous les conducteurs. Sinon, je ne vois pas les conducteurs taxis-moto respecter quoi que ce soit", pensent pour sa part Benoît, un conducteur visiblement la quarantaine croisé à Kintambo Magasin vers l'ouest de Kinshasa. 

Il est rejoint par Freddy un autre taximan de moto du tronçon Bandalungwa Kintambo. Pour ce dernier, au-delà d'imposer le port de casque, il faudra peut-être en faire des objets privées pour des clients afin de les éviter des maladies infectieuses qui peuvent surgir par le contact avec des transpirations. " Pour les conducteurs, il faut que les autorités s'imposent. Mais pour les clients, pourquoi pas faire en sorte que les personnes qui aiment bien se déplacer à moto se munissent de leurs propres casques? Un peu comme les masques pour protéger de la covid19. On aura réduit la mortalité due aux accidents de moto, mais aussi prévenu des maladies infectieuses", a-t-il proposé. 

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La bécane est devenue un moyen de locomotion incontournable pour les kinois. Ses capacités à faufiler dans les embouteillages et à atteindre les coins les plus reculés et enclavés de Kinshasa où les grands véhicules à savoir les taxis, taxi-bus et bus peinent à arriver, sont autant des raisons qui poussent les habitants de la capitale congolaise à l'adopter. En gros, la moto a réussi tant soit peu à résoudre l'épineux problème de transport. Ce, malgré les risques qu'elle représente. 

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Et même à défaut des statistiques précises, les accidents de moto et le refus de porter des casques sont aujourd'hui parmi les premières causes de mortalité dus aux accidents de circulation. Nous espérons que les autorités s'impliqueront pour remédier à ce dérèglement. 

Bahati Kasindi

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