Société

Kinshasa : un "wewa" pas comme les autres !

On ne peut plus se passer des taxis-moto à Kinshasa. De Nsele à Ngaliema, passant par Masina, Limete, Lingwala, Kintambo, la moto est devenu le moyen de transport le plus pratique pour bon nombre de Kinois. Mais aussi l'outil de terrain par excellence pour les manifestants et mouvements de pression contre les décisions politiques.

Il ne se passe plus une manifestation, un scandale ou un fait de société sans que les motos-taxi ne soient présents et leurs conducteurs ne soient pointés du doigt ou épinglés de quelque manière que ce soit. Ils sont devenus incontournables au point d'être qualifiés par certains comme étant une milice et d'autres d'un régime qu'ils surnomment "la wewacratie" voire bande organisée. 

C'est un fait auquel la société kinoise actuelle est confrontée. Ils sont partout et trop souvent en inadéquation avec les lois de la cité. Violation du code la route, vitesse incontrôlée, conduite sans équipements appropriés dont le casque. Ce, en lieu et place d'être des simples organisations des taximen moto. Sunrise RDC a rencontré un taximan de moto qui nous semble ne pas être comme les autres. De part ses convictions, ses dires et sa façon d'être bien évidemment.  

Apparence soignée et casque à la tête, nous l'avons rencontré le soir d'après la marche organisée par l'UDPS le jeudi 9 juillet dernier à l'arrêt de bus de la 16ème rue dans la commune de Limete, Francis (surnom que nous lui donnons par souci d'anonymat) était en plein exercice de son métier de depuis plusieurs années, moto-taxi. 

Il a suffit d'une simple question de curiosité à ce père de famille pour qu'il étale sans ambiguïté ses motivations et les choses qui font de lui "différent des autres". À la question de savoir s'il avait, comme bon nombre des ses camarades chauffeurs de moto-taxi, à la marche active de jour-là, il a répondu sans équivoque qu'il n'était impliqué ni de près, ni de loin à cette activité. Pour cause, "je ne crois nullement en l'homme politique. Si déjà cela, je ne sais pas par quel miracle est-ce qu'il peut me convaincre d'aller marcher pour des raisons moins claires et qui ressemblent visiblement à une vraie poudre de perlimpinpin", avance-t-il. 

" La marche d'aujourd'hui, comme celles des jours passés, sont souvent initiés par des politiques qui en perte de vitesse ou en mal de positionnement. Jamais pour des vrais problèmes qui concernent directement le bas peuple", ajoute Francis. 

"Je me suis donné le devoir de ne pas être comme les autres. Je suis taximan de moto. C'est mon travail pour subvenir à mes besoins. Je m'efforce d'être en règle avec leurs lois. Je ne suis pas non plus contre ceux qui manifestent. S'ils le font, ce que le sujet pour lequel ils sont dans la rue est une injustice à leurs yeux. On est en démocratie et c'est leur droit. Je ne fais pas partie de ces mouvements également à cause des les convictions religieuses", a fait savoir ce Wewa, comme les kinois aiment bien les appeler. 

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Comme lui, beaucoup d'autres compatriotes exercent ou entreprennent  dans ce secteur d'activité de plaignent du fait d'être toujours associés ou assimilés aux autres ultras. "C'est comme dans chaque catégorie des personnes, il y a toujours des gens qui abusent ou qui exagèrent. Dans ces mouvements de protestation, aussi pacifiques soient-ils, il peut toujours y avoir des dérapages par des gens qui viennent pour d'autres objectifs que ceux annoncés. Dire que tous les motards sont des manifestants violents, ne me paraît pas réaliste", a ajouté un responsable d'une des associations des chauffeurs de moto-taxi.

BK

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